LE CONCERT

Publié le 3 novembre 2009 par Bordeaux Plus  
Catégorie Les rencontres de Bordeaux Plus

Rencontre avec… 

 

Mélanie Laurent

Radu Mihaileanu

 

Plus de quatre ans après Va, vis et deviens, grand succès auprès du public et des critiques en 2005, le cinéaste Radu Mihaileanu nous revient dans un registre inattendu : la comédie. Le film nous raconte le récit improbable d’un Bolchoï de fortune parvenant à se rendre en France pour donner un ultime concert au Théâtre du Châtelet. Le réalisateur nous livre quelques informations sur la naissance de ce chef d’orchestre : “C’est né d’un fait divers qui s’est passé il y a environ 30 ans sous la dictature de Brechniev en Union Soviétique. A l’époque, ce dernier avait retiré tous les juifs des orchestres russes et un chef d’orchestre nommé Ievgueni Svetlanov les a défendus, sans être juif lui-même. Le film s’est inspiré également d’un autre fait divers de 2001 dans lequel un faux orchestre du Bolchoï a réellement été joué à Pékin. Tout le reste sort de notre imagination…” Mélanie Laurent joue dans le film le rôle du célèbre violoniste. L’actrice nous raconte son expérience concernant l’apprentissage de l’instrument, qui a tout de même duré trois mois, avec Sarah Nemtanu, premier violon soliste de l’Orchestre National de France : “J’ai pu l’écouter, la suivre sur ses concerts auprès de vrais orchestres. Cela m’a aidée à aborder le personnage et à acquérir certaines techniques de maniement du violon. J’ai appris majoritairement l’usage du archet et non de la musique… ce n’est évidemment pas moi qui joue le morceau à la fin du film mais bien Sarah Nemtanu.”  Le chef d’orchestre est interprété par Aleksei Guskov, qui joue le rôle d’Andreï Filipov dans le film. Inconnu en France, il s’agit d’une grande star de cinéma en Russie avec plus de 70 films au compteur. L’acteur ne parlant pas un mot de français, Mélanie Laurent nous en dit plus sur cette rencontre : “On n’a pas vraiment essayé de communiquer. À part le langage des signes, c’était plus un langage des yeux et du cœur, et c’était très agréable. Parfois, il est vrai qu’on se sent un peu obligé de bien s’entendre avec les acteurs et là, il se passait quelque chose de fort à chaque fois que l’on se retrouvait devant une caméra. Il s’agit au final d’une communication qu’il faut inventer et qui est finalement beaucoup plus forte.” Le réalisateur nous a confié que le film sera également distribué en Russie. On peut remarquer durant celui-ci quelques répliques caricaturales des Russes. Le réalisateur nous explique ses peurs quant à la réaction des spectateurs Russes : “Une des grandes angoisses était de savoir si les Russes allaient bien prendre le film, notamment avec quelques répliques burlesques. Il y a déjà eu deux projections en Russie. Celles-ci se sont très bien passées. Le film a même eu droit à une standing ovation de cinq minutes. Mon angoisse initiale s’est donc fortement atténuée…” Le cinéaste accorde une place bien particulière dans son film à l’humour et l’ironie : “L’humour que je préfère est celui qui est une réponse à la souffrance et à la difficulté. Ici, l’humour vient d’une blessure qui s’est produite il y a trente ans, dans l’URSS de Brejnev.” Le film se termine, magistralement, par l’orchestre jouant un morceau célèbre de Tchaïkovski. Le réalisateur justifie le choix de cet artiste car il a grandi avec, et parce qu’il est selon lui “l’exemple de l’extrême romantisme.” Julien LHERM


Radu Mihaileanu et Mélanie Laurent sont venus présenter LE CONCERT en avant-première à l’UGC Ciné Cité Bordeaux

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