LE DERNIER MAITRE DE L’AIR – Sortie le 28 juillet
Publié le 19 juillet 2010 par Bordeaux Plus
Catégorie Les rencontres de Bordeaux Plus
Rencontre avec…
Night Shyamalan
pour son nouveau film
Interview : Luce Tornier
Baptême du feu en matière de grosse production d’été pour le réalisateur indien (Sixième sens, Incassable, Signes) pour ce 9ème film. Deux ans après Phénomènes, il retrouve l’univers fantastique à travers la thématique récurrente de la fin du monde, que seul « l’élu », Dev Patel (Slumdog Millionnaire), pourra éviter…
Adaptation à grand spectacle de la série animée "Avatar : The Last Airbender", créée par Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko, qui sont également producteurs exécutifs du film. Série qui a fait le tour du monde avec un concept simple : le combat du bien contre le mal sur fond asiatique. On y retrouve le mythe de l’enfant élu, tel le Dalaï Lama, doté de pouvoirs immenses : la maîtrise de l’air et bientôt 3 autres éléments, l’eau, la terre et le feu.
C’est aussi le seul film où Shyamalan ne fait aucune apparition ! N’a-t-il pas pour habitude de le faire dans la plupart de ses films, de la même manière qu’Alfred Hitchcock ou Charlie Chaplin.

Au centre Night Shyamalam entouré de g à dr: Jackson Rathbone (de la franchise Twilight), Dev Patel (le Jamal de Slumdog Millionnaire), Nicola Peltz (Maîtresse de l’eau) et le producteur du film.
Bien qu’adapté de la série, on retrouve à nouveau dans ce film comme dans Incassable ou La jeune fille de l’eau, un personnage qui admet sa destinée et qui trouve sa place dans le Monde ?
"Il était déjà question de destinée dans la série animée, mais j’ai voulu mettre plus en avant encore ce sujet. C’est une idée qui m’obsède. Peut-être que j’aimerais trouver plus de sens à notre Monde, c’est pour ça que j’écris des personnages qui déchiffrent des symboles, qui voient des signes. C’était déjà présent dans la série, mais j’ai dû en ajouter".
Comment avez-vous travaillé la partie réincarnation de l’Avatar et ce passage plutôt spirituel ?
"L’inspiration, ça a été le Dalaï Lama et sa culture. Ses différentes incarnations, les objets, passés de l’un à l’autre… James Cameron a fait un film qui s’appelle Avatar. Mais l’Avatar avec un A à l’américaine est une cyber-version, une version technologique. L’Avatar, dans le sens réincarnation, un esprit en chair et en os, est ma version. Nous, on utilise les éléments naturels. C’est une grosse part de ma culture."
Le vaisseau de guerre de la Nation du Feu fait penser au château ambulant du film de Hayao Miyazaki. Hasard ou hommage ?
"Toute l’équipe artistique regardait des films de Miyazaki pendant le tournage. C’est possible qu’ils l’aient fait sans ma permission ! (éclats de rire) Pour moi, l’influence de Miyazaki se retrouve plutôt dans la représentation du monde des esprits et dans une forme de déification de la nature. On y trouve, par exemple, les deux poissons-esprits dans leur étang. Dans la série animée, Aang va dans le Monde des esprits et parle à des versions plus âgées de lui-même. Peut-être parce que je suis Indien, du moins techniquement, je n’arrivais pas à comprendre cette idée. Je ne pourrais pas discuter avec un « moi » plus âgé… parce que c’est moi ! Il s’agit d’une seule et même âme. Deux âmes, c’est impossible. On a finalement tranché et opté pour simplement « faire du Miyazaki » : des créatures déifiées, ce genre de choses…"
Vos films ont toujours eu de grands noms au casting. Ici, le plus connu est Dev Patel ?
"Il n’y a pas de grand nom car finalement le sujet n’est pas les acteurs. Cela ne pose pas de problème, car j’apprécie ces enfants, et je pense qu’ils feront de grandes choses. Et puis tout ne tourne pas autour d’eux. Pendant deux heures, on plonge dans un univers nouveau, et je trouve que ça fonctionne bien".
Au niveau des plans séquences, on en retrouve un, très impressionnant. De plus, il fallait maîtriser les chorégraphies et les effets spéciaux ?
"Oui, c’était dingue avec plus de figurants, de cascadeurs, etc. On craignait de ne jamais réussir ce plan-séquence. J’avais réservé une journée supplémentaire sur le planning pour pouvoir retourner le plan plus traditionnellement, si on n’y était pas parvenu le premier jour. On a répété toute une journée dans un entrepôt avec les techniciens. Je faisais plein de demandes, et ils me répondaient : « Non, on ne peut pas déplacer cette machine en quelques secondes… ça pèse 350 kilos ! ». Il fallait tout préparer, parce qu’on voulait le plus de mouvements possibles à l’image. Ensuite, il a fallu une journée entière pour tourner la séquence. J’étais à côté du cameraman, qui tout au long de la journée souhaitait ma mort parce que je passais, à chaque fois, quatre minutes à lui hurler mes indications dans les oreilles ! Pour ce plan, d’ailleurs, les opérateurs portaient les mêmes costumes que les personnages du film… au cas où ils se seraient retrouvés dans le cadre par inadvertance. Il le fallait, car tout allait très vite, et si un bout d’épaule dépassait, ils se devaient d’être raccord. Finalement, il y a eu dix prises. La sixième fut la bonne ! Je ne sais pas pourquoi mais c’est souvent la sixième… (rires) Encore un de ces signes miraculeux que j’adore !"
Est-ce une difficulté de tourner en 3D avec des enfants, et vous semblait-elle indispensable ?
"Lorsque nous avons commencé le tournage, on a eu des discussions pour savoir si oui ou non on allait filmer en 3D. Pour des raisons personnelles, je trouvais que c’était un processus trop lourd, surtout lorsqu’on doit faire jouer des enfants, et je ne parle pas des personnes ici présentes. J’avais peur que ce soit une mauvaise décision. Peut-être avais-je aussi un peu peur du processus ! On m’a soumis différents tests en post-production, et je voulais que ça aille avec la narration et l’ambiance du film. Ce qui a créé un déclic, c’est la vision d’Alice aux Pays des Merveilles de Tim Burton. Je me suis dit : il s’agit juste d’un autre instrument. C’est un peu comme de la musique, cela permet d’amplifier l’impression d’immersion totale dans un monde imaginaire."











