PROTEGER ET SERVIR
Publié le 2 février 2010 par Bordeaux Plus
Catégorie Les rencontres de Bordeaux Plus
Rencontre avec…
Kad Merad
Clovis Cornillac
un nouveau duo de flics de choc dans… 
Un titre qui tranche avec la tête des deux héros !
Interview : Luce Tornier

Si le premier a déjà fait ses armes dans cet exercice avec Pamela Rose, dont une suite est en écriture, c’est ensemble qu’ils n’ont pas hésité un instant à se lancer dans cette aventure on ne peut plus potache. Satisfaits par leur envie de pousser le bouchon un peu plus loin, ce film marque leurs retrouvailles deux ans après Faubourg 36. Le cinéaste Eric Lavaine voit en Protéger et Servir un bon moment de divertissement qui s’adresse à un spectateur heureux de se marrer et qui n’en a pas honte. Honnête, il avoue faire les films qu’il a envie de voir. Il aime les films différents, et celui-ci en est un !!! Lavaine l’assure totalement, et s’est impliqué à fond dans son élaboration.
Vous connaissiez déjà Eric Lavaine avec qui vous aviez tourné Poltergay ?
Clovis CORNILLAC : “Oui, on avait déjà fait Poltergay, et ce mec-là est la part de sale môme que j’ai en moi. Il me fait rire avec ses vannes pourries. Il a ce truc d’incorrect qui ne lui pose aucun problème. Alors ce film, c’est un peu le petit diable en moi, l’adolescent pas fini. J’aime la littérature, les choses dites de manière “réflexive”, je suis attiré par l’humain et par sa profondeur mais d’un autre côté, il y a en moi un sale môme qui n’a pas fini sa croissance, et qui a du mal à ne pas rire à des trucs aussi cons. Ça fait vraiment du bien. En plus, l’idée d’un duo avec Kaddour était aussi agréable, car on a vraiment pris du plaisir. Dans notre métier, comme dans une histoire d’amour, il faut assumer la part d’égoïsme de plaisir qu’on prend pour pouvoir assumer le plaisir qu’on est censé donner aux autres.”
Vous recevez peu de scénarii de ce genre ?
Kad MERAD : “Je n’en reçois même jamais des comme ça. Il faut vraiment avoir les couilles pour faire ce film, et Eric n’a jamais essayé d’adoucir le propos. Avec Clovis, on a toujours su que le film ne pouvait pas être tiède, mais on est à un moment de notre vie d’homme et de notre carrière où on peut prendre ce genre de décisions. Mon filleul qui a seize ans était par terre de rire en voyant le film. Quand je vois Clovis jouer, je me dis qu’il nous donne du plaisir à prendre lui-même du plaisir, et ce n’est pas toujours le cas quand tu incarnes un personnage. En tout cas, ça fait du bien de tourner, de voir et de montrer un film comme celui-là. Après, quand on montre ce film, on s’expose aux critiques un peu regardantes sur l’intérêt même de ce genre de films. Quel intérêt de faire un film pareil sinon de faire régresser un peu plus les gens ?” (rires)
Même si le film est complètement assumé, on peut se demander pourquoi il ne va pas encore plus loin dans l’extrême ?
Clovis CORNILLAC : “Mais parce que déjà là où on est, pour que ça puisse se monter et se faire, même avec le nom de Kaddour et le mien, ils essayent encore de nettoyer quand même. En France, il y a une économie qui fait que si tu pars dans une comédie, il faut qu’elle soit ni réfractaire aux plus jeunes, ni aux plus vieux. Le film propose quelque chose qui peut aller beaucoup plus loin en terme de provoc’, mais en ce qui concerne les salles, une comédie est faite pour que des gens viennent rire et se lâcher. Le fait qu’Eric me propose de jouer un personnage qui s’appelle Kim Houang est déjà complètement incongru et ça me fait marrer, comme la radinerie de mon personnage. On a tous quelqu’un dans notre entourage qui a un problème avec l’argent. Eric pousse ça encore plus loin, et on a cherché tous les trucs pour ne pas dépenser de la thune. Il y a même des sites pour ça, évidemment ça ne s’appelle pas radin.com mais plutôt, je fais attention ou je ne me fais pas avoir. On en rajoutait à chaque fois, et ça me parle parce que je connais des gens qui ne m’ont jamais payé un café. C’est le scénario le plus poussé dans ce sens que j’ai lu en dix ans.”
Sur quelle scène vous êtes-vous le plus marré tous les deux ?
Kad MERAD : “Là où on s’est vraiment éclaté, c’est avec la naturiste. Ils l’ont amené au dernier moment sur le plateau, et à la première prise, on ne pouvait même pas jouer. Elle est arrivée directement à poil, et ce que vous voyez dans le film, ça doit être la dixième prise. Je pense qu’elle n’avait aucun problème avec la nudité, mais que c’est nous qui avions honte.”
Vous seriez prêt à signer pour un Protéger et Servir 2 ?
Clovis CORNILLAC : “Rien n’est impossible sur ce genre de films. On n’y a pas pensé avec Kaddour, mais on prend du plaisir ensemble, donc si on peut remettre le couvert, on le fera, sur une suite ou sur un autre projet. Ce serait dommage de ne pas le faire quand tu t’entends bien dans le jeu avec quelqu’un, et que vous êtes complémentaires.”
Le film vous permet aussi de travailler vos talents de chanteur ?
Kad MERAD : “J’aurai vraiment aimé être un chanteur de rock, vraiment. J’ai loupé ma carrière, je suis un chanteur frustré et je ne suis pas encore complètement épanoui. Il me faudrait une bonne carrière de chanteur à la Aerosmith. Voilà, je veux faire Aerosmith comme métier .”
Ça tombe bien, ils cherchent un chanteur…
Kad MERAD : “C’est vrai ? Bon, je vais appeler tout de suite alors même si je ne chanterai jamais aussi haut. Pourquoi il s’en va ? S’il n’y a plus Steven Tyler, il n’y a plus d’Aerosmith. En tout cas, personne ne le sait et tout le monde s’en fout, mais j’ai longtemps chanté. Je suis un batteur qui a vécu de la musique, et on jouait sur les Champs dans les cafés pour animer les terrasses, donc je chantais et j’adore ça. L’autre jour, j’ai chanté avec Anaïs au Bataclan sur I believe I can fly et là, je vais chanter aux Restos du Cœur. C’est un vrai plaisir.”
Protéger & Servir a été tourné en partie en Belgique, c’est un coin qui vous plaît ?
Kad MERAD : “Je trouve que Bruxelles est une des plus belles villes que je connaisse, dommage qu’il fasse toujours aussi pourri. Les belges ont un vrai niveau de follerie. Regarde François Damiens qui joue dans le film, qu’est-ce qu’il est drôle. On se connaissait un peu pour avoir tourné ensemble dans Le Petit Nicolas. Et puis, la Jupiler est ma bière préférée. Mais bon, j’habite Marseille et j’ai chez moi de la bière marseillaise qui s’appelle… La Cagole.”











