La sélection BD
Publié le 22 mai 2009 par Bordeaux Plus
Catégorie BD, La sélection de…
W-E-S-T 5. Megan
Rossi – Dorison – Nury / Dargaud
Voilà une narration qui se développe au fil des albums avec une densité qui ne s’effrite pas. Le dessin, la mise en couleur, la structuration des blanches impriment un rythme dont la mise en tension, constante, joue sur les sentiments contradictoires qui agitent les personnages. Aucun d’entre eux n’est monolithique, écartelés qu’ils sont par le sens du devoir, des abondons humains, très humains, parfois même par une force étrange génératrice de grande confusion. Sur fond de possession démoniaque et de vengeance. Le lecteur est tenu en haleine.
ANIMAL’Z
Enki Bilal / Casterman
Il faut lire Animal’z non parce qu’il fait événement mais parce qu’il est le livre d’un auteur dont l’œuvre riche convainc depuis de nombreuses années. La griffe Bilal est reconnaissable au premier regard porté sur une page ouverte au milieu d’une concurrence pléthorique. Odyssée post apocalypse, Animal’z met en forme un western du futur, personnages en quête de survie dans un monde d’après le monde, victime du Coup de sang, comme si, nous dit l’auteur, la planète entière réagissait d’un coup, de façon extrêmement brutale ; une représentation d’un avenir plausible plutôt que pessimiste pour mieux se préparer à l’affronter.
CODEX SINAITICUS T1. Le manuscrit
Tischendorf, Delalande, Bertorello, Lapo, Quatrocchi / Glénat
Percer le(s) secret(s) des livres saints : la recette fait flores. Après le Décalogue, le Légataire, voici Codex Sinaïticus. Mise en perspective historico familiale pour planter le décor, présenter les personnages et amorcer le récit : "après la dispersion des apôtres, le bruit courut que les écritures contiendraient une formule codée permettant de communiquer en ligne directe avec Dieu." L’enjeu ? Trouver le livre et le mot de passe pour un tchat d’enfer avec l’Eternel ! On salue le pas de deux sur la variante narrative, et bien que le ressort en soit détendu, on se laisse embarquer dans les aventures du jeune Christopher.
SASMIRA 1. L’appel
Laurent Vicomte / Glénat
Alors que la suite est en préparation, Glénat réédite le premier tome de Sasmira dont l’édition originale – aux Humanoïdes – date d’une grosse dizaine d’années. Ce scénario à remonter le temps avait alors connu un grand succès auprès d’un public séduit par le coup de crayon de l’auteur. Aujourd’hui son ardente impatience sur le net n’a d’égal que l’ardeur très mesurée du dessinateur au travail. Il faut découvrir ou redécouvrir – le terme ici convient – une histoire fantastique en costume d’époque, valse hésitation amoureuse entre deux beautés qui se disputent le cœur d’un homme ayant succombé à l’appel d’une vieille sirène sur le pavé parisien.
QUELQUES JOURS D’ÉTÉ
UN ÎLOT DE BONHEUR
Chabouté / Vents d’Ouest
L’enfance, sa vulnérabilité, son inhibition et une perception du monde à rebours de celle des adultes : cette réédition de deux récits, respectivement publiés en 1998 et 2001, met en scène le paradoxe de situations déconcertantes, douloureuses, et l’optimisme qu’elles peuvent engendrer. Ce retournement du monde des grands dans le regard d’un gamin est un éloge de la solidarité, de la tolérance et la promesse de lendemains meilleurs pour qui sait prendre le temps d’être attentif à son prochain. La conscience du collectif comme levier du bonheur.
LA CONJURATION D’OPALE
4. Les ordonnances
Corbeyran-Hamm-Grun / Dargaud
Distribution bordelaise pour un travail à six mains, quatrième et dernier tome du cycle. Le secret de Michel de Nostre-Dame est percé, les ordonnances détruites, les opales désactivées en attendant la naissance de l’homme de demain. Quelle emphase dans cette conclusion ! Dommage, cette conjuration haletante tout du long méritait un autre point final.
Gédéon











